En prison, les leaders Mapuche déterminés à récupérer leurs terres (24heures.ch)

Publié le par Collectif Mapuche

Des dirigeants de la Coordination Arauco Malleco, un groupe radical d'indiens , ont annoncé que le groupe est prêt à suivre «la voie de la confrontation» avec l'Etat pour récupérer leurs terres «ancestrales».

«Nous ne voulons pas négocier avec le gouvernement, nous voulons que soient restituées nos terres, et s'il le faut, nous y parviendrons par la voie de la confrontation», assure Ramon Llanquileo, dans une interview exclusive accordée à l'AFP dans sa prison d'Angol, à 700 km au sud de Santiago.

Ramon Llanquileo, 30 ans, a été condamné en 2011 à 8 ans de prison avec Jose Huenuche et Jonathan Huillical pour des violences commises en 2008, dont l'attaque du convoi d'un procureur.

Leur leader Hector Llaitul s'était vu infliger une peine de 14 ans. Le quatuor avait toutefois été relaxé du chef d'inculpation de «terrorisme». Le trio, qui avait obtenu en 2011 une réduction de peine en appel après une longue grève de la faim, explique à avoir décidé en accord avec Hector Llaitul de le soustraire aux contacts avec la presse, de peur de représailles judiciaires.

Ils s'expriment à sa place, dans une aile de la prison où l'accès ne s'effectue qu'après strict contrôle, passage aux rayons X, fouille corporelle.

Soupçons d'incendies criminels

Caméra, appareil photo ou enregistreur interdits. La région d'Araucanie (sud), un fief de la minorité Mapuche (700'000 personnes, 6% des Chiliens) traverse des phases de tensions récurrentes depuis la radicalisation du mouvement Mapuche, il y une dizaine d'années, peu après la fin de la dictature (1990).

La Coordination Arauco Malleco (CAM), créée en 1998, a récemment été soupçonnée par le ministre de l'Intérieur d'être à l'origine d'incendies de forêts, pour certains criminels, qui ont fait neuf morts et détruit 51'000 hectares de végétation.

«Ce n'est pas nous qui avons provoqué les incendies de Carahue (sept pompiers morts) et de Quillon (deux civils tués)», a affirmé Ramon Llanquileo, interrogé aux côtés de Huenuche et Huillical.

Le ministre, Rodrigo Hinzpeter, s'était appuyé sur un communiqué fin décembre revendiquant au nom de la CAM la destruction d'engins d'une grande entreprise forestière, et notamment d'un hélicoptère anti-incendie.

Quelques jours plus tard, des feux démarraient...«Ce n'est pas la CAM qui a rédigé ce communiqué de revendication sur l'hélicoptère», assure Ramon Llanquileo.

«Des armes récupérées»

«Nos gens à l'extérieur nous l'ont confirmé. La formulation n'est pas celle de la CAM», poursuit-il. Que peut, que fait la CAM exactement ? Ses «organismes de résistance», expliquent les détenus, ont réalisé ces dernières années avec «des armes récupérées» maintes occupations de terres, sabotages de firmes forestières, sur des terres annexées à la fin du 19e siècle par l'Etat.

«La CAM récupère des terres qui sont Mapuche, mais nous ne nous attaquons pas aux personnes, ni ne provoquons des incendies», a encore assuré Ramon Llanquileo.

Pour lui, il s'agit simplement de «la défense d'un peuple qui fut attaqué puis objet de discrimination par les (colonisateurs) espagnols, puis par l'Etat chilien», qui annexa les grandes terres du sud à la fin du 19e siècle.

M. Llaitul, par le passé, a évoqué une «nation mapuche à reconstruire», une forme d'«autonomie».Les dirigeants-détenus d'Angol dessinent une vision un peu floue, teintée de quasi-autarcie, pour les communautés Mapuches disséminées dans le sud chili, affichant un taux de pauvreté double de la moyenne chilienne (15%).

«La CAM est une idée, une philosophie», déclare Ramon Llanquileo. «Nous rejetons l'éducation occidentale, qui colonise nos enfants. Nous ne voulons pas l'interculturalité, nous n'avons pas de courant politique, pas plus que nous ne sympathisons avec la gauche, des mouvements ou gouvernements socialistes de la région. Nous nous débrouillons seuls».

(afp/Newsnet)

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